Vendredi 25 septembre 2009
Bien chers tous,
Voilà un mois et 22 jours très exactement que je suis au Bénin, et c'est le premier post tropical que je vous livre. Je sais, c'est mal. et du coup, je vais vous parler un peu des
télécommunication d'ici, histoire de me trouver des excuses.
Pour commencer, parlons téléphones. Ici, c'est le règne absolu du portable. Très peu de gens ont une ligne fixe, puisque ça suppose électricité, ligne téléphonique et argent. En effet, loin des
grandes villes (Cotonou, Calavi, Porto Novo, Parakou et peut-être Abomey) ce n'est pas simple d'être relié au réseau, et surtout, les lignes sont très souvent en dérangement. Quelqu'un
m'expliquait l'autre jour qu'il a fait une demande en février pour une ligne fixe, qui a été installée en mai, et que depuis mai, il paye mais n'a pas pu se servir de la ligne une seule
fois...
Donc tout le monde à un portable. Contrairement au Togo voisin où il n'y a qu'un opérateur, le cout des communication n'est pas très élevé ici, et la guerre publicitaire fait rage entre les
marques. Par contre, comme peu de gens ont des comptes bancaires, le système des abonnements est inexistant, et on utilise des recharges, qu'on peut acheter n'importe où, au bord des voies à des
"bonnes dames" qui les revendent en même temps que tout un tas de trucs, des piles au dentifrice.
Le portable est un lien avec les autres, et il est hors de question de refuser de donner son numéro. A tel point que sur les murs extérieurs des boutiques mais aussi des maisons, il n'est pas
rare de voir écrit à la craie ou au charbon le numéro de portable des habitants, et un pan du mur sert souvent de répertoire téléphonique : on y note les numéros importants, de la famille, des
amis ou des relations d'affaires.
Et le portable passe avant tout : le côté ne pas répondre quand on est en discussion de travail, ou au moins en s'excusant n'existe pas ici. Ca peut parfois être assez drôle : un jour que je
discutais avec un chef traditionnel à Tanéka (oui, promis, je vous expliquerait où c'est), un noble vieillard, gardien de la tradition, vêtu d'une simple peau de chèvre, devant sa case en terre,
dans un village sans eau et sans électricité, on a été plusieurs fois interrompus par les sonneries criardes des Nokias des dignitaires du villages...
Pour ce qui est de l'électricité, dans les zones rurales où elle manque, on voit des petites boutiques de recharges dans les petites villes : il ne s'agit pas d'acheter du crédit, mais de laisser
pour quelques heures son portable au propriétaire d'un groupe électrogène pour recharger la batterie, moyennant 100FCfa...
Pour Internet, il est nécessaire d'être dans une ville importante pour trouver des cyber, ou bien se rendre à la Poste où il peut y avoir moyen de se connecter. Selon les villes, l'heure, la lune
et l'âge du capitaine, la connexion peut être très bonne ou complètement inexistante... Donc mieux vaut ne pas être pressé (ce qui d'ailleurs est une réflexion qui vaut pour beaucoup de choses
par ici).
Au "bureau", c'est-à-dire au siège de l'ONG (d'où je vous écris aujourd'hui), on a Internet, puisque c'est également un Cyber. Et j'en profite allègrement, entre deux séjours sur le terrain.
Enfin, pour ce qui est des envois postaux, et pour tous les gentils parmis vous qui voudraient m'envoyer des cartes postales, c'est même pas la peine d'y penser. Ici, il n'y a pas de distribution
du courrier, pas d'adresse personnelle. Ben oui, pour des adresses, il faudrait que les rues aient toutes des noms, que les maisons aient des numéros etc. Donc les ONG, les associations etc.
utilisent des boites postales, et puis c'est tout. Et apparemment, le courrier est très lent à arriver.
Voilà, voilà, j'espère que ce petit moment béninois vous aura plu, et plein de bonnes choses à tous.
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